PRIX LITTÉRAIRE FETKANN ! MARYSE CONDÉ 2024
« MÉMOIRE DES PAYS DU SUD / MÉMOIRE DE L’HUMANITÉ »
22ème édition
Les lauréats du Prix Littéraire FETKANN ! Maryse Condé 2025
Prix FETKANN ! DE LA MÉMOIRE
Prix FETKANN ! DE LA MÉMOIRE
Yanick LAHENS, Passagères de nuit
Sabine Wespieser 2025 (Paris)
Toujours avancer sans se retourner, c’est ce que murmurent à Yanick Lahens les femmes de sa propre lignée dans ce puissant roman des origines, comme arraché à son quotidien à Port-au-Prince.
Née en 1818 à La Nouvelle-Orléans, Élizabeth n’a pas reculé quand, victime de deux tentatives de viol, elle a freiné les élans prédateurs d’un ami de son père. Sa grand-mère, ancienne esclave arrivée d’Haiti au début du siècle dans le sillage du maître qui l’avait affranchie, lui a donné un exemple de résistance silencieuse : devenue une commerçante prospère, elle n’a plus jamais accepté de se soumettre au désir d’un homme. Confiante dans la force qu’elle a tôt transmise à sa petite-fille en l’invitant dans la ronde mystérieuse des divinités vaudou, elle n’hésite pas à couvrir sa fuite : Elizabeth embarque pour Port-au-Prince, où nous la retrouverons bien des années plus tard, aux commandes de sa vie, mère d’un homme qui traverse la ville en libérateur.
En cette année 1867, rien ne destinait Régina, née pauvre parmi les pauvres, à rencontrer le général Léonard Corvaseau. C’est pourtant à son côté que va se poursuivre sa trajectoire d’émancipation.
Avec ce portrait en miroir de deux femmes, ses lointaines grands-mères, qui reconnaissent chacune en l’autre « une semblable, une sœur échappée à la rudesse des conventions », la grande romancière haïtienne nous offre un magnifique hommage à toutes les Passagères de nuit (à commencer par celles des bateaux négriers), ces vaincues de l’histoire dont la ténacité et la connivence secrète opposent à la violence du monde une lumineuse vaillance. (Note de l’éditeur et photo Yanick Lahens © Philippe Matsas)
Yanick LAHENS, est née en 1953 en Haiti. Elle part en France pour ses études universitaires en Lettres Modernes. Elle retourne en Haiti en 1977 où elle enseigne la littérature à l’université d’Etat d’Haiti.
Elle quitte l’enseignement universitaire en 1995, participe à plusieurs projets et devient membre du comité de rédaction de la revue haitiano-caribéenne Chemins Critiques, qui a représenté un moment important de la réflexion en Haiti et dans la Caraïbe. Elle est membre du comité de rédaction de la revue franco-haitienne Conjonction, et publie dans des revues haitiennes et étrangères.
Elle a récemment intégré le conseil d’administration de l’université Quisqueya (Port-au-Prince). En 1998, elle fonde, avec d’autres écrivains, l’Association des écrivains haitiens, et continue d’animer des séminaires sur la littérature.
En 2008, elle met sur pied une fondation qui encadre ses jeunes dans des activités de sensibilisation aux questions sociales. Elle apporte un appui à des associations qui travaillent à la promotion de la lecture, à l’implantation de bibliothèques et à l’organisation d’événements culturels.
Auteure d’essais, de nouvelles et de romans, Yanick Lahens s’est vue décernée plusieurs prix dont le prix Femine sur Bain de lune en 2014 et le Grand Prix du roman de l’Académie Française cette année pour Passagères de nuit.
MENTION SPECIALE DU JURY
MENTION SPECIALE DU JURY
Jean-Christophe FOLLY, Benoît Blues
Mémoire d’encrier 2025 (Montréal)
Benoît Blues, c’est l’histoire de deux amis, un Noir et un Blanc, qui étaient les meilleurs copains du monde. Nous sommes dans la scène hétéroclite du Paris des années 1980. Les amis deviennent des adultes, ils entament des carrières, font des enfants, vivent une vie de bobo, font la fête alors que les lignes de division et tensions sociales s’immiscent dans le cocon qu’ils avaient créé autour d’eux. Après le suicide de Benoit, son meilleur ami Geoffrey hérite de son journal de bord. On entend alors la voix de Benoit qui bouleverse tout ce que Geoffrey croyait savoir de leur amitié, leur identité, leur jeunesse. À travers le regard de Geoffrey, Édith, la femme qu’il aime, Benoît et toute une constellation de personnages aussi désarmants qu’imparfaits, s’exprime librement cette jeunesse qu’on nommait à l’époque « black-blanc-beur ». Une jeunesse qui s’inventait un destin, sur fond d’amitié, d’amour, de musique. Et surtout d’alcool. (Note de l’éditeur)
Jean-Christophe FOLLY, comédien franco-togolais, Jean-Christophe Folly fait du theâtre et du néma. Il a interprété des rôles dans des films de renom, dont 35 rhums (2009), Vincent doit mourir (2023) et Sans filtre (2022). Au théâtre, il a joué des rôles marquants dans entre autres, Bérénice (2024/2025), Sensuelle (2022/2023) et La nuit avant les forêts (2021/2023). En 2017, il crée la compagnie Chajar & Chams. Benoît Blues est son premier roman. Jean-Christophe Folly vit entre Pariset Dijon.
Prix FETKANN ! DE LA Recherche
Flore PAVY, Voukoum. Esprits rebelles du carnaval guadeloupéen
Maison des sciences de l’homme 2025 (Paris)
Voukoum – « désordre » en créole – est un groupe qui occupe un espace de contestation sociale et politique majeur au sein du carnaval guadeloupéen. Né à Basse-Terre en 1988, ce mouvman kiltirè/ se distingue d’autres formations carnavalesques par son approche spirituelle radicale et son lien revendiqué à l’Afrique. Flore Pavy, anthropologue entrée dans le groupe comme musicienne, décrit minutieusement le Mas, le rituel de transformation et de mise en mouvement des corps de Voukoum. Elle met en lumière des processus de créativité rituelle qui permettent, tout en s’inspirant d’autres pratiques culturelles caraïbéennes contemporaines, de retrouver une sacralité africaine ancestrale. En quoi la technique du Mas s’inscrit-elle dans l’histoire postcoloniale et évoque-t-elle la déportation et la mise en esclavage ? Comment Voukoum lutte-t-il contre la société de consommation et dénonce-t-il les rapports de domination encore à l’œuvre aujourd’hui ? Quelle place ses membres confèrent-ils à la sauvegarde du patrimoine vivant, de la langue créole et, en particulier, de l’art musical gwoka ? Faisant la part belle aux témoignages des acteurs du carnaval, cet ouvrage offre une vision encore largement méconnue de l’histoire de la Guadeloupe et de la place singulière occupée par les Antilles françaises dans l’aire caribéenne. Voukoum, esprits rebelles du carnaval guadeloupéen initie le lecteur à la vie d’un collectif qui s’efforce publiquement de « reconstruire le fil rompu des liens ancestraux et toujours réinventer les récits essentiels ». (Note de l’éditeur)
Flore PAVY est membre du Laboratoire d’anthropologie sociale de l’École des hautes études en sciences sociales. Après un long terrain aux Antilles, notamment à Cuba, a reçu le prix de thèse 2023 de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage pour son doctorat, sous la direction de Philippe Descola, sur les qwoup-a-po de Guadeloupe. Ses recherches portent sur les enjeux sociaux des nouveaux rituels religieux dans la Caraibe. Pour les mener à bien, elle a appris le créole, s’est intégrée dans la société guadeloupéenne et propose donc une ethnographie participante. (photo © Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage)
MENTION SPECIALE DU JURY
MENTION SPECIALE DU JURY
Ana Lucia ARAUJO, Réparations – Combats pour la mémoire de l’esclavage (XVIIIe-XXIe siècle)
Seuil 2025 (Paris)
L’esclavage et la traite atlantique des esclaves comptent parmi les crimes contre l’humanité les plus odieux commis à l’ère moderne. Plus de 12,5 millions d’êtres humains ont été déportés d’Afrique pour nourrir le commerce du sucre, du tabac, de l’indigo ou du café, et beaucoup ont péri sur les côtes africaines ou pendant le voyage. Lorsque l’esclavage a été aboli, il avait marqué au fer rouge les corps et les sociétés, mais, à ce jour, aucune réparation n’a été versée aux anciens esclaves ou à leurs descendants. Les pays européens n’ont jamais indemnisé leurs anciennes colonies des Amériques, dont la richesse reposait sur le travail des esclaves. De même, aucune nation africaine n’a jamais obtenu la moindre forme de réparation pour la traite atlantique des esclaves. Pourtant, des demandes de réparations n’ont eu de cesse d’être formulées depuis le XVIIIe siècle dans des pétitions, des correspondances, des pamphlets, des discours publics, des récits d’esclaves et des plaintes judiciaires… C’est cette histoire longue et difficile que retrace Ana Lucia Araujo. S’appuyant sur les voix de divers peuples qui se sont identifiés et s’identifient encore comme des victimes de la traite atlantique, ce livre met en lumière les multiples dimensions des demandes de réparations en Europe et aux Amériques. (Note de l’éditeur)
Anna Lucia ARAUJO est professeure titulaire à /Université Howard (Washington DC), spécialiste de l’histoire et de la mémoire de l’esclavage. Elle a publié notamment Humans in Shackles: An Atlantic History of Slavery (University of Chicago Press, 2024) et The Gift: How Objects of Prestige Shaped the Atlantic Slave Trade and Colonialism (Cambridge University Press, 2024). Elle est engagée dans de multiples institutions internationales au sujet de la question de la mémoire de l’esclavage.
Prix FETKANN ! DE LA JEUNESSE
Prix FETKANN ! DE LA JEUNESSE
Amina LUQMAN-DAWSON, Les enfants de Freewaterrouge
Milan 2025 (Toulouse)
À la fin du XIXe siècle dans le Sud des États-Unis, au temps de l’esclavage. Homer et sa petite sœur, Ada, réussissent à s’enfuir de la plantation où ils étaient retenus comme esclaves. Malheureusement, leur mère n’a pas pu s’enfuir avec eux… Poursuivis par les chiens du contremaître, ils sont sauvés de justesse par un homme libre qui les emmène au cœur des marécages.
Une nouvelle vie débute alors pour Homer et Ada, au sein d’une communauté d’anciens esclaves réfugiés : Freewater. Un village comme tout droit sorti d’un rêve, qui se déploie à la cime des arbres, avec des hommes volants et des passages secrets. Les enfants apprennent peu à peu à vivre en symbiose avec la nature… tout en rêvant de pouvoir un jour découvrir le monde, au-delà des limites protectrices du marais. Et sans oublier leur mère, restée dans la plantation. Ils restent plus que jamais déterminés à la sauver. Le destin de deux enfants, au cœur d’une aventure haletante et poignante, empreinte de fantastique, qui parle de solidarité t de liberté. (Note de l’éditeur)
Amina LUQMAN-DAWSON est une journaliste et autrice américaine, titulaire d’une licence en sciences politique et d’un master en politique publique. « Freewater » est son premier roman, salué par la critique et primé (médaille John Newbery et prix Coretta Scott King).
© https://www.aminaluqman-dawson.com
MENTION SPECIALE DU JURY
MENTION SPECIALE DU JURY
Andrée POULIN, Quand ils sont venus
Éditions de L’Isatis 2024 (Montréal)
Cette histoire fait l’effet d’une claque, d’un coup de poing, d’un hurlement. C’est l’histoire d’un village paisible où chacun vit sa vie, heureux et tranquille. Malgré les différences religieuses et sociales, tout le monde s’entend bien. Une quiétude bien naïve, diraient certains, car un jour, les Sans Entrailles décident de faire la loi. Ils s’en prennent aux renards parce qu’ils sont roux, aux loups parce qu’ils ont de belles terres fertiles, aux coyotes qui vénèrent leur dieu, et ainsi de suite…
Chaque fois que l’on s’en prend à un groupe, grand-père dit, « Ce ne sont pas mes affaires », et il ferme les yeux… La terreur finit par s’installer au village et grand-père a terriblement peur.
Avons-nous le droit de nous taire ?
Andrée POULIN a publié une soixantaine de livres et a gagné plusieurs prix littéraires. D’abord journalistes, elle a eu beaucoup de plaisir à raconter des histoires vraies. Maintenant auteure, elle a beaucoup de plaisir à raconter des histoires inventées. Son plus beau défi est d’écrire des livres qui font rire et réfléchir. Andrée Poulin a grandi à Orléans, en Ontario. Elle habite maintenant en Outaouais, au Québec. Elle aime les randonnées, le chocolat et évidemment, la lecture. © Martine Doyon
Prix FETKANN ! DE LA POÉSIE
Prix FETKANN ! DE LA POÉSIE
Caroline DESPONT, La femme qui attendait la pluie
Tarmac 2025 (Nancy)
Les textes de Caroline Despont abordent plusieurs thématiques en lien avec la liberté d’être, la place de la femme dans la société et par rapport à l’homme, ou encore l’histoire de l’esclavage et du racisme. Pour Caroline Despont, la poésie est un cœur qui bat, un outil de questionnement de soi et du monde, qui permet la reconnexion au vivant, et donc à soi, la déconstruction des préjugés, et la réappropriation de sa voix (e).
ERRANCES
Errer dans les trains, les avions, les gares, les aéroports, marcher sur les terres arides grasses, rouges, noires, sablonneuses, goudronnées. Dormir dans les hôtels délabrés, les motels de seconde zone, palaces et grands parcs des grandes villes, errer ici et ailleurs, sans but précis, juste celui de planer audessus de son existence, ne pas savoir la peur au ventre, le cœur qui enfle, les yeux rougis.
Errer, respirer et parcourir ma maison, le monde, Ne pas avoir de nom ou celui que l’on vous donne, se déposséder de sa chair en passeport pour retrouver sa chair originelle au premier matin de la terre. Errer encore dans les couloirs des marchés, des bibliothèques phénoménales où les fantômes des poètes anonymes attendent la reconnaissance des femmes et des hommes poètes des ondes vitales de laube.
Errer dans le bruit des obus, des canons et des chairs, sur le vif du feu des dieux du pouvoir. D’un doigt les casser les soldats, plombs sur le damier d’une histoire où les enfants vomissent par les yeux leurs sueurs du métal assassin.
Errer peut-être pour mourir ou pour vivre qui sait
Errer dans les couloirs de nos êtres, pour être et renaître peut-être.
Alors errer se teinterait de rouges, de bleus et de verts arbroïdes, errer serait poétiser la vie, contempler l’autre et l’aimer d’un regard bleu, d’un sourire soleil à la pointe de la nuit.
Errer, errance, transhumance, élégance des nomades sur le sable, des origines, l’homme et la femme, bohèmes intérieurs à la recherche d’une terre aimante, et de bonheurs simples comme les fleurs des champs au printemps.
Caroline Despont, est née en 1968 et vie en Suisse. Poétesse, cofondatrice de l’espace culturel ArtViv Projet à Lausanne, elle revendique une poésie libre, ancrée dans l’intime, le féminin et l’écopoétique. Son engagement se manifeste tant dans son œuvre que dans ses ateliers Mots de Femmes où elle explore les liens entre le corps, la terre et la parole poétique. Elle reçoit entre autres le Grand Prix Poésie Africaine d’Expression Française du FIPA en 2021. Son parcours artistique est marqué par une quête de sens et une volonté de tisser un dialogue entre les individus à travers l’art et la poésie. © Association Pont Universel
Télécharger le communiqué de presse :
CP Les lauréats PLFMC 2025.pdf
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